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Le coursier à vélo, un mythe urbain : de ses origines américaines au job étudiant européen

par | 2 Mai, 2020

A l’heure où dans les grandes villes européennes, les livraisons à vélo sont en plein essor, je vous propose un voyage historique pour (re)découvrir l’évolution du métier de coursier à vélo ou bike messenger. Ce mythe urbain qui a inspiré la création du sac Messenger Lady Harberton.
Cet article a été proposé et rédigé par Maximilian, coursier à vélo à Paris. Qui de mieux pour parler de l’histoire des coursiers à vélo qu’un coursier ? 😉

Introduction : Le métier actuel du coursier à vélo en Europe et Outre-Atlantique

Considéré comme ingrat en France, le job de coursier est pourtant l’un des métiers les plus populaires outre-Atlantique. Le bike messenger y jouit d’une vraie reconnaissance. Ce statut, il le doit à son côté bad boy et play boy car le coursier est un vrai sportif, qui n’hésite pas à prendre des risques et se faufiler dans les bouchons de la Fifth Avenue ou de Time Square. Ce n’est pas facile de gagner cette reconnaissance et de devenir coursier aux Etats-Unis ; il faut faire ses preuves pour appartenir à ce groupe de privilégiés qui gagnent d’ailleurs un beau salaire de cadre. En France, c’est le contraire : tout le monde peut devenir coursier et faire ses livraisons à son rythme, avec le matériel de son choix. Cela fait deux ans que je suis coursier à Paris et que je me donne toujours à fond, et pourtant en essayant de trouver des débouchés dans ce métier aux Etats-Unis, je me suis heurté à un processus de recrutement complexe : jamais moins de 2 entretiens, des temps de référence à fournir, une connaissance de la ville très pointue, le test de recrutement se faisant sans utilisation du GPS.

Aux Etats-Unis, le fixie est le vélo incontournable, il donne un style. D’où vient cette habitude du fixie ? Je ne le sais point. Mon avis est que le fixie, plus difficile à manier et plus dangereux est une preuve supplémentaire de la capacité du coursier à maîtriser la jungle urbaine, une preuve d’audace. Le messenger bag devient, lui aussi, un fidèle compagnon du coursier. Il est d’abord pratique, car il se pose sur l’épaule et se fixe autour de la taille pour ne pas gêner mais peut également se déclipser et basculer devant le coursier, lui donnant ainsi accès au contenu sans l’enlever et sans descendre de son vélo. Puis, avec le temps, il devient un attribut indissociable de l’image du coursier. Pour être coursier il faut aussi avoir un savoir-faire, être agile, rapide et traiter l’urgence tout en l’alliant à la qualité de service, puisque les colis transportés sont souvent confidentiels et hautement prioritaires !

Coursier à vélo de Los Angeles, 1896

Coursier de Los Angeles, 1896

Les débuts des coursiers à vélo durant le XIXème siècle : Le pragmatisme citadin…

Selon la source la plus probable, la création du métier de coursier serait très… pragmatique ! Son origine remonterait à une grève de trains généralisée durant l’année 1894 à San Francisco. La solution d’urgence : assurer les transports de biens et de courriers par le biais de cyclistes. Cette solution d’urgence s’avère de plus en plus légitime avec l’urbanisation croissante, la démocratisation de la voiture et l’engouement des centres-villes qui en découlent. Le coursier à vélo s’avère plus rapide, moins cher car moins encombrant, et fait sa place.

Coursier à vélo Timbre postal américain, 1902

Timbre postal américain, 1902

Pourtant, les livraisons à vélo existaient déjà avant, mais à la marge. Ainsi, à la fin des années 1870, la bourse de Paris employait déjà des coursiers à vélo pour assurer ses services à caractère urgent. De même, lors du bicycle boom de la fin des années 1890, aux Etats-Unis, l’entreprise Western Union employait des coursiers à vélo à San Francisco, souvent des jeunes, de 10 à 18 ans, que l’on dénommait alors les telegraph boys. Le mythe retient donc globalement que le métier de bike messenger est né à San Francisco.

Coursier à vélo Telegraph Boy dans les années 1940

Telegraph Boy dans les années 1940

Au XXème : le pragmatisme citadin laisse place au mythe urbain

Mais à la fin du 19ème siècle, on est encore loin de l’image actuelle des coursiers à vélo, c’est un métier utile, pratique, et puis c’est tout. C’est pendant la période de l’après-guerre et durant les 30 glorieuses que le métier de coursier se développe plus massivement et que diverses entreprises de coursiers naissent.

Si San Francisco dicte la marche à cette époque et est le réel berceau du bike messenger, son rôle dominant deviendra controversé par l’expansion de New York qui est considérée aujourd’hui comme la Mecque des coursiers.

On voit parallèlement émerger toute une culture du bike messenger aux Etats-Unis. Des livres, des films et même des séries apparaissent, comme Dark Angel par exemple, dont le personnage principal est un coursier, contribuant ainsi à la médiatisation et popularité croissante du coursier américain. La figure du coursier s’établit petit à petit. Jeune, actif, sportif, audacieux, confiant et cascadeur, aux airs dragueurs, très branché, roulant en fixie uniquement, et aux tendances underground : le mythe est créé et son paroxysme est atteint en 1989 avec l’émergence des alleycats, des courses urbaines illégales sans interruption de la circulation.

Coursier à vélo Film Quicksilver 1986

Affiche du Film Quicksilver, 1986

L’histoire du coursier à vélo : Et sur le vieux continent ?

C’est tout le contraire en Europe. Ce n’est qu’à cause des chocs pétroliers des années 1980 que les coursiers réapparaissent. En effet, le prix du pétrole explosant, les transports de proximité à vélo deviennent plus économiques. Plus précisément en 1983, à Londres d’abord. Ce métier s’y développe très vite, tout comme dans le reste des pays du Nord de l’Europe et le coursier commence à se faire reconnaître dans la société. En témoignent les premiers championnats du monde de coursiers sur sol européen, à Berlin, en 1993. Mais la scission est ancrée, irrévocable semble-t-il : alors qu’en Europe le métier de coursier est vu et utilisé pour son aspect pratique et peu coûteux, aux Etats-Unis, il s’agit d’un métier attrayant, c’est une appartenance à un groupe, c’est un style de vie. Notons que le Sud de l’Europe et les pays émergents échappent totalement à ce phénomène et les coursiers à vélo y sont quasi inexistants.

Ce n’est que depuis 2014, avec l’arrivée des grandes plateformes de food delivery, comme Take Eat Easy, Deliveroo, Foodora ou encore Uber Eats qu’on voit apparaître des coursiers à vélo dans les pays d’Europe.
Ces plateformes ont le mérite d’avoir fait connaître le métier de coursier à vélo sur le vieux continent. Loin de nos compères américains, nous commençons tout de même à bénéficier d’une certaine reconnaissance, nous adoptons progressivement les codes des coursiers américains. Etre coursier en France aujourd’hui nécessite déjà, pour se faire pleinement reconnaître et accepter, de se faire une place, d’adopter une attitude ou de s’affirmer avec un trait de caractère fort et avec des skills particuliers ou des performances indiscutables. La communauté commence à exister, il ne reste qu’à la médiatiser, faire connaitre ce beau métier qui n’est pas aussi trivial qu’il semble. A sa façon, le coursier est un artiste. Son terrain de jeu ? L’immensité urbaine, qu’il connaît par cœur et qu’il dompte malicieusement. N’oublions pas, « à Paris, en vélo, on dépasse les autos » !

Coursier à vélo Affiche NewYorker 2020 Hommage

Première de couverture du magazine The NewYorker rendant hommage aux coursiers à vélo travaillant pendant la période de confinement, avril 2020

Maximilian a une vingtaine d’année et il est coursier à Paris depuis plusieurs années. Son signe distinctif : son legging léopard, qu’il porte fièrement en hiver et qui le distingue des autres coursiers à vélo. Un amoureux du vélo qui aime se fixer des challenges comme faire son dernier déménagement de Paris à Madrid en vélo !

Sources
www.bicycling.com/culture/advocacy/rise-paris-bike-messenger
en.wikipedia.org/wiki/Bicycle_messenger
www.karenfurst.com/blog/telegraph-bicycle-messenger-boys/
www.oldbike.eu/museum/1940s/1940s/1940s-western-union-messenger-bicycle/
www.karenfurst.com/blog

Sources Images

i.pinimg.com/originals/c4/e4/e9/c4e4e9cc8a45f1029670d50d12d3bf87.jpg
upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c8/US_bike_messenger_stamp_1902.jpg
www.oldbike.eu/museum/1940s/1940s/1940s-western-union-messenger-bicycle/
images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51JnGMstGrL.jpg
The New Yorker, 13 Avril 2020

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